TERRITOIRE ISHKUEU TERRITOIRE FEMME

62 min, documentaire, Canada, 2018
RéalisationClaude Hamel
ProductionClaude Hamel
LangueFrançais, Innu
Description courteFemmes conteuses auteures et poètes autochtones contemporaines.

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Détails du film

Synopsis

Huit femmes conteuses , auteures et poètes en prestation live au Festival de contes et légendes Atalukan, à Mashtueiatsh (Pointe-Bleue) au Québec. Virginia Pésémapéo Bordeleau raconte la genèse de son rapport à l’Ourse; ses oeuvres illuminent le documentaire. Joséphine Bacon et Natasha Kanapé Fontaine nous livrent leur vision du monde alors que Marie-Andrée Gill livre des poèmes d’une force brute. Sonia Robertson, directrice du festival, Alice Germain, guide d’aventure et Telesh Bégin, chamane, font découvrir leur territoire tandis que Kathia Rock offre de magnifique chants en Innu et en français.

 

Équipe

Scénario et réalisation : Claude Hamel

Directeur photo : Claude Hamel

Directeur artistique : Claude Hamel

Montage : Claude Hamel

Conception sonore : Claude Hamel

Mixage son : Olivier Germain

Musique : Kathia Rock

Prise de son : Claude Hamel

On-line image : Yannick Carrier

Production : Claude Hamel – Les productions de l’Amarante

Comédiens : Joséphine Bacon, Telesh Bégin, Virginia Pésémapéo Bordeleau, Natasha Kanapé Fontaine, Alice Germain, Marie-Andrée Gill, Sonia Robertson et Kathia Rock

 

Mot de la réalisatrice

Territoire Ishkueu Territoire Femme a été projeté une première fois le 8 août 2018 à la 8 ième édition du Festival de contes et légendes Atalukan où je l’ai tourné. Beaucoup d’émotions de la part des spectateurs et spectatrices, une onde très positive, des gens touchés, émus. Deux autres projections ensuite, l’une à Nutashkuan, l’autre à Natashquan.  Les deux projections furent suivies d’une discussion ouverte où, en premier lieu, comme à ce fut le cas à Atalukan de prime abord,  personne ne dit rien. Et lorsque doucement je redemande, des questions? Des commentaires? Quelques personnes, la voix étranglée d’émotions disent  »Ben moi, je suis trop émue pour parler ». Puis tranquillement ça déboule:  »Très beau, essentiel, émouvant, profond.  Toutes sortes de mots pour dire que ce film est bienvenue, apprécié et appréciable. Une femme me dit qu’elle veut tenter de le faire projeter à Baie-Comeau, en janvier, une autre qu’elle va le présenter dans sa communauté. Une autre me dit  »J’étais comme dans un état second, comme dans un monde onirique profond, tout au long. » À la sortie, dehors, une jeune femme me dit  »J’ai une confession à te faire ».  »Je t’écoute. »  »Quand tu chantes pour introduire le film, je pleure  comme une madeleine à chaque fois, j’ai beau chercher en moi ce qui me fait tant pleurer, je ne comprends rien, je ne comprends pas ce qui m’arrive. » (Je chante avant chaque projection, le chant Abénaqui, le chant de force des femmes qui revient comme un leitmotiv dans le film,  je le chante avec la bénédiction de Joséphine Bacon à qui j’ai un jour demandé si d’après elle, je pouvais le chanter et qui m’a dit  »Ben Oui! »)

Cette jeune femme québécoise, donc, pleure à chaque fois qu’elle entend ce chant et elle s’interroge. Je réfléchis et ce qui me vient c’est:  »Il est possible que tu pleures parce que ce chant touche une corde sensible enfouie profondément en toi,  un lien avec nos racines perdues, notre métissage occulté, écrasé, interdit. Nous sommes des soeurs et des frères de territoire, nous sommes nés des eaux des mêmes rivières, du souffle des mêmes vents. Un métissage jugé méprisable par des êtres à l’âme souvent noire comme leur soutanes. Ce chant semble réveiller  une nature profonde réprimée en nous  depuis si longtemps que nous ne la ressentons plus que faiblement. Ce chant semble faire écho à une identité métissée fragmentée, intangible mais toujours vivante dans tes gènes. »

Après réflexion, je me dit qu’il est tout de même frappant que les mots que cette jeune femme ait utilisés soient  »J’ai une confession à te faire. » Nous sommes athées mais tachées.

Puis à la quatrième projection au Centre d’Amitié Autochtone de Sept-Îles, le film est unanimement apprécié. Et à ma demande, fuse un commentaire précieux de Jonathan, le coordonnateur de l’événement présent sur place, très silencieux à la fin de la projection.  À ma question :  »Comment as-tu trouvé ce film toi Jonathan? » Il répond:  »Magnifique. Et je dois dire que ça m’a remué. Plusieurs disent que je suis chanceux, que j’ai fait des études, une maîtrise, que j’ai eu la chance d’échapper à la misère que plusieurs ont connu. Ils disent que je suis chanceux, mais moi je ne suis jamais allé à la pêche, je ne suis jamais allé à la chasse, je n’ai pas vécu ma culture, je ne la ressentais pas et à cause de ça j’avais un trou, un vide qui fait mal, à l’intérieur de moi. En écoutant ce film là, je me suis senti reconnecté avec ma culture, c’est ça, c’est ça, mon monde, ma culture, l’Innu, le monde Innu, je le reconnaissais dans les paroles de toutes ces femmes, dans les histoires qu’elle racontent, avec tout des points de vues différents mais tout des chemins Innus, alors je sais asteure qu’il est là en moi, mon monde Innu, je le ressens, ce film là, ces femmes là, me le font ressentir, il est là, je le porte en moi. Merci. »

Réalisatrice

Claude Hamel

Claude Hamel est native de l’Abitibi et résidente des Cantons de l’Est depuis 2006. Initiée à l’art du conte urbain en 1981 au sein du collectif Wondeur Brass, elle ajouta les contes traditionnels à sa pratique lors de son implication au cœur des Productions Coeur.com, un regroupement d’artistes et de thérapeutes dirigé par l’auteur et psychanalyste jungien Guy Corneau. Elle y a codirigé des ateliers, de 1998 à 2008, en France, en Belgique, en Égypte et au Québec. Claude écrit, explore et présente depuis lors des contes traditionnels et historiques ainsi que des récits de vie issus de son expérience personnelle qui l’a menée de plateaux de tournage en lieux mythiques aux quatre coins du monde. Preneuse de son en cinéma documentaire de 1986 à 2012, Claude a réalisé trois courts métrages, et en 2018 un documentaire de 62 minutes qui fut de la sélection officielle du Festival de Cinéma International de l’Abitibi Témiscamingue, TERRITOIRE ISHKUEU TERRITOIRE FEMME, un film qui présente 8 femmes de parole, conteuses, auteures, poètes autochtones du Québec. Un documentaire qu’elle a produit en collaboration avec l’Aide au Cinéma Indépendant de l’O.N.F. et une bourse de PRIM Production Réalisation Indépendantes de Montréal.
Claude Hamel a signé huit contes à colorier illustrés de sa main en 2016 et 2017. Et effectué la recherche historique, la direction artistique et l’écriture du circuit patrimonial A cœur vaillant de la Ville de Contrecoeur, et du tour autoguidé du Vieux Yellowknife en 2013. Claude Hamel a représenté le Québec en 2014 au Festival International Contes et Musique dans la Cité en Martinique et poursuit une carrière internationale. Également présente sur la scène québécoise, elle a conté à de nombreuse séditions des Festivals Festilou à Montréal, Contes et Légendes en Abitibi Témiscamingue, Atalukan à Mashteuiatsh et au Rendez-vous des Grandes Gueules de Trois Pistoles depuis 2012.

 

 

Filmographie

 

Territoire Ishkueu Territoire Femme, 62 minutes. Documentaire. ACIC/ONF. PRIM. 2018
La petite sirène de Val-d’Or 8 minutes, film d’animation sur un conte de André Lemelin. 2017
Le pari du silence, documentaire.4 min.18 2017
Habiter le paysage d’un regard habité. Fiction poétique tourné pendant les Correspondances d’Eastman 5 min.39 2016