Mon fils ne revint que sept jours : un mot de Yan Giroux

Mon fils ne revint que sept jours a été écrit et réalisé en moins d’un an, ce qui est un petit miracle dans une industrie où les films prennent en moyenne quatre ans à produire.

Début 2024, je termine la lecture du roman de David Clerson, convaincu que s’y cache mon prochain film et que ce geste cinématographique doit être fait rapidement, spontanément. Je ré-hypothèque ma maison et contacte Louis-Emmanuel pour qu’il produise ce projet avec moi.

 

En équipe réduite, dans une forêt de la Mauricie, nous avons filmé un univers étrange et poisseux. Les champignons et la tourbière nous ont guidés vers une réflexion sur la nostalgie et les fantômes qui peuplent nos vies. Le drame familial devient un prétexte à une réflexion intemporelle, plus proche du mythe que de l’autofiction, même si l’histoire s’inspire de faits réels.

 

Comme Hlynur Palmason ou Elem Klimov, nous avons cherché la juste distance avec nos personnages pour que les paysages racontent leur tragédie. C’est humide, moisi et vivant. Écologique sans le vouloir, nous défendons ce qui pousse dans les marges et replaçons l’humain dans un rapport égalitaire avec la nature. C’est le culte du corps compost. Un bol de terre pure.

 

  • – Yan Giroux